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- Du dimanche 25 au jeudi 29 juillet 2021 -

Fiche technique

     L'été marque le temps des pèlerinages estivaux vers les plages, mais également pour nous celui des itinérances. 2021 ne fait pas exception à la règle. Nous décidons de poursuivre notre exploration des Alpes et de prendre la direction des Alpes-de-Haute-Provence pour un trek rendant hommage aux cols, passeurs souvent négligés entre "pays" de l'Europe alpine. Direction donc l'Ubaye et le Val Maira.

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     Notre première étape doit nous mener de Larche (1697 m) dans la Haute-Ubaye, jusqu’au lac italien de Ruburent dans la vallée de la Stura italienne.

Nous partons en quête de nos premiers passeurs que sont les cols, avec pas moins de trois exemplaires : le col Rémy, le col de la Gipière d’Orrenaye et le col frontalier de Ruburent.

Cette itinérance est l’occasion de les aborder avec un angle différent. Ils ne sont plus des lieux simplement intermédiaires, des entre deux, avant de réaliser un sommet ou de basculer vers la vallée.

Ils sont en effet, beaucoup plus que cela. Lieu d’échanges, de partages, d’amitié entre deux pays, deux vallées qui partagent parfois une identité commune. Ils sont des passeurs comme les désignent d’ailleurs très bien les pays de langue allemande, avec le terme « pass ».

Ils ne sont pas des lieux qui coupent, qui séparent, à l’image des échanges très anciens qui s’y déroulaient comme nous avons pu le constater avec la découverte d’Ötzi retrouvé au Tisenjoch, col austro-italien, en 1991.

 

C’est avec cet esprit, que nous abordons notre trek, dans une vallée de l’Ubaye où les échanges ont toujours été nombreux avec le Val Maira italien. Les habitants de cette haute vallée passaient les cols pour se louer à Barcelonnette comme domestique ou servante, ou comme bergers.

Le Val Maira que l’on s’apprête à découvrir, est le fruit de cet héritage pendulaire et de ces liens commerciaux et culturels toujours entretenus avec les vallées voisines, italiennes, comme françaises. Pendant longtemps, les cols ont été des lieux de transhumance, entre plaine du Po et Provence ou de colportage, mais aussi d’artistes (Pietro sa Saluzzo, le Maître d’Elva…) qui s’exportèrent bien au-delà de leurs frontières en Ubaye, Queyras ou autre Clarée.

" La montagne est déconcertante. Son paysage est plissé et secret.
Les mots et les habitudes butent sur le passage des cols. "

Jason Goodwin