Kilimanjaro (5895 m), à la rencontre du toit de l'Afrique.

9 au 17 Août 2014

Jambo !

 

Samedi 9 et dimanche 10 août - J1 & 2 Paris/Istanbul/Kilimanjaro Airport

 

     Départ en fin de matinée pour le grand périple. Après une escale à Istanbul et 10 heures de vol, nous posons enfin le pied sur le sol africain. L’aventure démarre dès notre arrivée : nous apprenons que nos bagages (comme ceux de 80 autres passagers de l’avion) sont restés en rade lors du transfert à Istanbul !

Après près de 2 heures de formalités pour tenter d’obtenir des informations et signaler leur  non réception, nous gagnons le Kia Lodge, situé à un kilomètre de l’aéroport, passablement remontés contre la Turkish Airlines. Nous en profitons pour faire connaissance avec d’autres camarades d’infortune, partis pour faire l’ascension avec nous : Valérie, d’Annecy-le-Vieux et deux Normands, Laure et Pascal.

 

     Quelques heures de sommeil et nous découvrons ce lodge cossu, agrémenté d’une belle piscine, d’où l’on peut normalement voir le Kilimandjaro par temps dégagé. Pour la vue... on repassera...

La journée se passe tranquillement entre flâneries aux alentours, repos et réunion d’information auprès de notre guide, Behost où nous rencontrons les autres membres de la troupe : Sophie et Daniel, de Paris et Virginie et Robert, de Belgique. Le dernier membre du groupe, Vincent, après un road-trip non-prévu à travers les campagnes kenyanes, nous rejoint  en fin d’après-midi.

 

Lundi 11 août - J3 Porte de Rongai (1950 m)- Firt Cave Camp (2633 m)

 

     Bip, bip, bip... 6h30, le réveil sonne, nous nous ruons vers la réception de l’hôtel pour voir si nos bagages ont été acheminés dans la nuit... peine perdue. Il nous faudra nous résoudre à faire le Kilimandjaro sans notre matériel. Valérie et Laure affronterons même ses pentes en baskets de trail ! Kilian Jornet n’a qu’à bien se tenir !!!

 

Après un tour à l’aéroport, histoire de glaner en vain quelques informations, nous prenons la route vers Marangu Gate, via Moshi, afin de payer notre droit d’entrée dans le Parc National du Kilimandjaro, soit 575 $ par tête. Nous en profitons également pour louer, dans une petite boutique qui ne paye pas de mine, quelques vêtements de montagne (duvet, pantalons, polaires, tee-shirt à manches longues, gourdes...) pour le trek. Pour le reste, nous pourrons compter sur la gentillesse et la générosité sans limite des autres membres du groupe ayant de leur côté l’ensemble de leurs bagages.

 

Encore une heure de route (soit au total, près de 4 heures de trajet à travers les campagnes tanzaniennes) nous atteignons Rongai Gate d’où nous démarrons le trek à 15h30, «polé polé» (doucement, doucement en swahili).

 

     Dans un premier temps, l’itinéraire se déroule dans une vaste forêt de pins, parsemée de quelques cultures. Nous avons la chance d’y observer des singes bleu et des colobes. Puis, cette forêt artificielle laisse la place à la forêt primaire, faite de lianes et d’autres espèces végétales endémiques.

Le ciel, à l’image de ce qu’il est depuis notre arrivée, est couvert et l’on ne peut distinguer le sommet du colosse de l’Afrique.

 

     Nous atteignons sans difficulté, après 2h50 de marche, le premier camp où nous passons la nuit. Notre base est des plus confortables. Nous disposons d’une tente messe pour déjeuner, d’une tente sanitaire et de tente trois places de haute-montagne pour dormir.

Nous pouvons également compter sur la cuisine «5 étoiles» de Kidali pour nous remettre de nos efforts. Ce dernier, n’aura de cesse tout au long du périple de nous régaler de plats variés et élaborés. Un grand bravo à lui, quand on voit dans les conditions dans lesquelles il exerce son art ! Nous lui devons en grande partie la réussite de cette ascension.

"Great Heart of Africa", le film de l'expédition.

Mardi 12 août - First Cave (2633 m) - Third Cave Camp (3952 m)

 

     La journée débute par la présentation de toute l’équipe. Il n’y a pas moins de 26 porteurs, 4 guides, un cuisinier et deux aides cuisiniers pour nous accompagner. Le poids de l’équipement est très règlementé, nos sacs ne doivent pas excéder 9 kg et les gardes du Parc ne plaisantent pas avec cela !

 

Ce matin encore, nous partons dans la brume et toujours polé polé. La végétation est de plus en plus éparse et nous abordons la zone des landes.

 

     Après la pause déjeuner, toujours autant appréciée, nous pouvons pour la première fois apercevoir la base du Kilimandjaro, puis quelques temps après, le sommet se dévoile.

Une fois arrivés au camp où nous passerons la nuit à 3900 m d’altitude, nous repartons pour une heure d’acclimatation où nous profitons d’un magnifique coucher de soleil sur le Mawenzi (5149 m) et sur les glaces du Kibo. De retour au camp, Behost et Emmanuel nous font une sensibilisation au MAM à l’aide du caisson hyperbare. Nous espérons tous ne pas avoir besoin de l’utiliser...

Mercredi 13 août - Thrid Cave Camp (3952 m) - Kibo Hut (4708 m)

 

     

     L’objectif de la journée est d’atteindre le camp de base. Pour se faire, nous nous enfonçons toujours un peu plus sur le Saddle, ce vaste désert de lave. La végétation est quasiment inexistante.

L’étape est courte afin de pouvoir récupérer en vue de l’ascension prévue dans la nuit. A Kibo Hut, nous rejoignions la voie Marangu (ou Coca-cola), mais aussi la foule (cela reste cependant largement supportable).

   Après une sieste, le repas nous est servi à 17h30 ainsi que les dernières recommandations. Nous profitons des dernières lueurs du jour sur Rebman Glacier, situé juste sous Stella Point (5756 m), puis regagnons nos tentes pour quelques heures de sommeil (hum.. enfin, c’est tout relatif...).

Bip, bip, bip... 23h30. Il faut se lever. Avaler quelques gâteaux et du thé et c’est parti mon Kili pour 1200 m de dénivelé jusqu’au sommet. Il ne faut pas encore penser au 2000 qu’il faudra descendre...

 

 

Jeudi 14 août -  Kibo Hut (4708 m) - Uhuru Peak (5895 m) - Kibo Hut (4708 m) - Horombo Hut (3720 m) : "Le jour le plus long"

 

     La lente procession s’étire doucement à partir de minuit. La pente se couvre doucement de la douce lueur des frontales. Nous sommes guidés par le bruit feutré de nos pas se posant sur le sable volcanique et suivons l’ombre de ceux qui nous précèdent pour parcourir l’itinéraire en lacets.

Les pauses régulières sont appréciées. L’altitude se fait progressivement sentir par des nausées et des maux de tête chez certains randonneurs, d’autant que la pente est forte. Ainsi, nous dépassons des groupes au rythme plus lent, ralentis par un membre devant reprendre quelques instants son souffle. Ces mêmes groupes nous repassent parfois devant quelques centaines de mètres plus loin.

Vers 5500 m, Benoît pourtant jusque là en forme, est pris de nausée après s’être légèrement restauré. Heureusement, ce n’est qu’une petite alerte et le reste de l’ascension se passe plutôt bien, à notre agréable surprise.

 

 

     A 4h30, nous atteignons Gilman’s point (5685 m). Pour les Tanzaniens, nous sommes dignes dès lors de recevoir le diplôme de l’ascension du Kilimandjaro. Cependant, nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin.

Légèrement saoulés par l’altitude, nous continuons sur un sentier en montagnes russes, jusqu’à Stella Point (5756 m). Il est 5h30. Jusqu’à présent, tous les membres du groupe sont, bon an mal an, parvenus à se hisser. Malheureusement deux d’entre nous devrons s’arrêter là et redescendre avec un guide.

 

Le soleil depuis notre arrivée sur les rebords du cratère, nous donne un splendide spectacle avec son lever sur une mer de nuages, rehaussée par la lumière presque irréelle jouant sur les glaciers du Kili.

 

A partir de Stella Point, Emmanuel mène la caravane avec un train d’enfer si bien que nous sommes à 6h30 sur le Toit de l’Afrique. Quelques minutes après, le groupe nous rejoint pour réaliser les photos souvenirs devant le panneau commémoratif d’Uhuru Peak (5895 m). Nous profitons une vingtaine de minutes de la munificence des lieux, admirant simultanément le Mont Méru dressant sa proue au dessus des nuages et les glaciers de Furtwangler, Ash pit, Southern Icefield irisés de lumière. Ces derniers semblent posés tel des glaçons sur le sol volcanique de cet immense cratère.

 

     Lucile et Virginie ont tout de même assez d’énergie pour réaliser leur promesse, de retrouver l’esprit de Michael Jackson au sommet, en effectuant un moon-walk endiablé. Il ne manque alors plus qu’Elvis.

 

Ils nous faut alors repartir pour regagner dans un premier temps Kibo Hut, puis Horombo Hut (3720 m). La descente s’effectue en groupes dispersés. Valérie part rapidement devant ne pouvons, en bonne traileuse, s’empêcher de dévaler la pente en courant laisant stupéfait les porteurs à son arrivée. De notre côté, nous effectuons une descente rapide en nous laissant glisser dans le sable volcanique. Une fois au camp, Emké, l’un des «aides cuisto» nous apporte un verre de Coca-cola que Lucile appréciera énormément. Les Tanzaniens pensent vraiment à tout ! Asante.

 

     Après une sieste de deux heures et un délicieux repas, nous repartons pour effectuer les 1000 derniers mètres jusqu’à Horombo. Malheureusement, nous retrouvons les nuages et la bruine... 22 heures après notre lever, nous regagnons notre duvet douillet... enfin, pour Benoît le duvet de location est beaucoup moins chaud, la fermeture étant cassée. « Cela va beaucoup marcher moins bien maintenant » !

Vendredi 15 août - First Cave (3720 m) - Marangu Gate (1847 m) - Arusha

 

     Au réveil, avant de sortir de la tente, nous sentons une petite fraicheur. En effet, durant la nuit, il a gelé et le campement est recouvert d’une fine pellicule blanche, rehaussant la magie des lieux. Ce matin, Maître Kili est dégagé et pose en majesté au milieu d’une forêt de séneçons géants.

Après le petit déjeuner, nous faisons nos adieux à nos porteurs qui nous font cadeau de deux chants à la gloire du Kilimandjaro.

 

 

Jambo! Jambo bwana !

Habari gani ? Mzuri sana !

Wageni, mwakaribishwa !

Kilimanjaro ? Hakuna matata !

 

 

Tembea pole pole. Hakuna matata !

Utafika salama. Hakuna matata!

Kunywa maji mengi. Hakuna matata !

Kilimanjaro, Kilimanjaro,

Kilimanjaro, mlima mrefu sana.

 

 

Na Mawenzi, na Mawenzi,

Na Mawenzi, mlima mrefu sana.

 

 

Ewe nyoka, ewe nyoka!

Ewe nyoka, mbona waninzunguka.

 

 

Wanizunguka, wanizunguka

Wanizunguka wataka kunila nyama

 

 

 

     Puis, nous reprenons la descente vers la porte Marangu. La journée nous permet de profiter pleinement des différents étages de végétation (landes, forêt des nuages et cultures). Peu avant Mandara Hut (2709 m), où nous prenons notre dernier repas dans le parc, nous apercevons des damans des arbres et des singes colobes.

Encore deux heures de marche et nous atteignons Marangu Gate (1847 m) où nous sommes accueillis par un groupe de gospel, tournant un film de promotion de la Tanzanie. Après quelques achats souvenirs, nous prenons un minibus direction Arusha et le Ambureni Lodge. Il nous faut près de 4 heures pour l’atteindre et... retrouver enfin nos bagages ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer.

Il faut alors dire lors de la remise de nos diplômes, « au revoir » et un «grand merci» à Behost et Emmanuel pour le gentillesse et leur grand professionnalisme.

Samedi 16 août - Safari dans le Parc National du Ngorongoro et retour à Paris

 

     Le lever est encore matinal pour nous rendre dans le Parc National du Ngorongoro afin de réaliser un safari. La route est encore long, ce jour, mais elle nous permet de découvrir les campagnes tanzaniennes et de nombreux villages Méru et Massaï. Nous apercevons également des rizières, des plantations de café, des termitières ainsi que l’arbre légendaire de l’Afrique : le baobabs.

 

 

     Le temps est encore bien couvert et le cratère peu après la porte du parc n’est guère visible. Qu’à cela ne tienne, nous descendons en son sein. Notre guide-chauffeur nous certifie que cela va se lever en fin de matinée. Sa prédiction s’est effectivement réalisée !

Alors que nous descendons à vive allure, nous tombons nez à nez avec nos premiers zèbres. Le toit relevé de notre grosse jeep, nous permet de vraiment pouvoir les admirer. Puis, les animaux s’enchaînent comme des perles : autruche, phacochère («pumba» en swahli - un animal particulièrement laid, bien loin de l’image du compagnon sympathique accompagnant Simba dans ses aventures africaines), gnous, hyènes, lion, rhinocéros et autre éléphants.

Le Ngorongoro est vraiment un véritable jardin d’Eden où l’on ne sait qui est l’observant et l’observé !

 

 

     Après une telle journée, c’est le coeur plein d'allégresse que nous repartons en France.

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