Testa del Rutor (3486 m)

    △ Alpes Grées, Val d'Aoste -  Italie

- en boucle par les glaciers de l'Invernet et du Grand -

Mercredi 16 et jeudi 17 juillet 2014

Un petit tour des lieux.... avant de partir en course.

     La Tête du Ruitor à proximité de la frontière française constitue un magnifique belvédère sur la vallée d'Aoste protégé par une Madone et offre un 360° sur la chaîne des Alpes, en passant du massif du Mont-Blanc, des 4000 valaisans aux hautes cimes de l'Oisans et des Ecrins. Une découverte de tout ce kaléidoscope que sont les Alpes.

 

Le sommet a été réalisé pour la première fois par la raide voie sud-est, le 16 août 1858 par G.Studer, G.G. et B. Weilenmann et le guide G.-B. Frassy. La voie normale actuelle par l'arête nord-est, provient du vallon de la Thuile, à quelques encablures du col du Petit-Saint-Bernard a été ouverte en 1862 est est beaucoup plus simple. Pour notre part, nous avons opté pour une voie plus longue et beaucoup plus variée : celle provenant de la Haute-Tarentaise en empruntant les glaciers de l'Invernet et du Grand (à la descente).

Carnet de course

L'ascension du Ruitor est tout sauf dans le négatif !

 

     Une semaine après un déluge sans fin, à vous désespérer un montagnard, le beau temps est enfin de retour sur les pays de Savoie. Cela tombe bien car l’ascension de la Testa del Rutor est au programme. L'objectif est de réaliser une boucle en passant par le versant français et les glaciers de l’Invernet et du Grand, un itinéraire peu fréquenté l’été (davantage en ski de randonnée), assez sauvage et vraisemblablement très varié. Cet itinéraire est somme toute plus difficile que la voie normale, et est davantage réservée à des alpinistes confirmés.

Une promesse, comme une grande aventure qui commence dans la vallée de Sainte-Foy par une courte montée au refuge non gardé du Ruitor. Après avoir posé notre packtage nous poursuivons en direction du lac noir situé 500m au dessus. La vue sur le sommet de l’Archeboc s’offre à nous, tout comme celle sur le dôme de la Sâche (3601 m) et le Mont Pourrie (3779 m). Après une courte pose à nous dorer au soleil, dans une herbe odorante comme en offrent si souvent, à notre plus grand bonheur, les alpages, nous repartons en voyant s’amonceler sur la frontière italienne de gros nuages noirs. Cela ne loupe pas, alors que nous redescendons vers le refuge, le vent se lève et un détonnement vient rompre avec assourdissement le silence de cette fin d’après-midi. Nous hâtons alors légèrement le pas, sachant que l’orage ne sera pas sur nous avant au moins une demi-heure, soit plus que ce qu’il nous faut pour atteindre notre hébergement du soir. Cela nous laisse même le temps d’aller explorer le départ du lendemain à quelques encablures des chalets en ruines de la Sassière.

Alors que nous croyons que l’orage s’est finalement dissipé, ce dernier revient au galop alors que nous prenons notre repas, déversant des trombes d’eau et des grêlons sous un bel arc-en-ciel.

La soirée se passe agréablement et nous décidons de mettre le réveil pour 4h30. La course est relativement longue et le soleil est annoncé pour les premières heure du jour, tout comme la chaleur. Il ne faudra donc pas trop trainer sur les glaciers. Nous regagnons donc le sous-sol du chalet où se trouvent les dortoirs. On ne peut pas dire que cela soit foule. Il y a juste un groupe de trois pêcheurs belges et un couple et ses trois filles.

 

     Je me réveils... de la lumière dehors... Tiens c’est curieux, normalement vers 4h30, il n’y a pas encore de luminescence... Après consultation de ma montre, je m'aperçois que nous avons déjà une heure de retard, même avant de nous lever ! Le réveil de l’un des membres du groupe n’a pas fonctionné et nous sommes à la bourre ! Qu’à cela ne tienne, on ne s’affole pas et après un solide petit déjeuner nous nous dirigeons en direction du torrent de l’Invernet.

Nous remontons dans un premier temps le long de la moraine droite du glacier, plus la franchissons avant qu’elle ne soit trop imposante et serpentons au milieu d’un dédale de blocs erratiques laissés par une crue glaciaire ancienne. Puis, nous prenons pied sur le glacier couvert et ensuite en son centre, d’abord sans encordement, puis avec équipement lorsque survient la première «bosse». Vers 3000m nous attaquons la première difficulté pour rejoindre le Noeud des Vedettes (3297 m), où la pente se redresse franchement (on titille les 40° sans les atteindre cependant, les pointes avants des crampons n’étant pas nécessaires).

En prenant pieds sur le glacier du Ruitor, nous arrivons en territoire italien et bénéficions pour la première fois des rayons du soleil sur notre visage et d’un panorama somptueux sur le massif du mont-Blanc, les Alpes valaisannes et italiennes et... la Testa del Rutor !

 

     Il ne nous reste alors plus qu’à rejoindre le sommet en parcourant le vaste glacier plat qui s’offre à nous. En cette saison, il est encore bien bouché et nous progressons rapidement. Une dernière traversée en dévers pour rejoindre l’arête terminale et nous rejoignons la Madone qui veille sur le Val d’Aoste et fait face à sa consoeur du Grand Paradis.

Nous prenons notre temps au sommet pour nous restaurer, prendre des photos, et ensuite débutons notre progression retour. Dans un premier temps, l’itinéraire est commun à celui de la montée, puis au Noeud des Vedettes bascule en direction du glacier du Grand. Nous redescendons le plus bas possible sur le glacier avant de déjeuner vers 13h en surplomb du Plan du Grand. Il ne nous reste alors plus qu’à rejoindre le refuge puis notre voiture en dévalant le très joli vallon du Grand.

 

     La promesse s’est révélée à la hauteur des attentes en alliant diversité et panorama dans un cadre enchanteur. Il faut simplement le noter au cas où vous souhaiteriez réaliser cette belle boucle, c’est long, très long... 22 km du refuge, au refuge.

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