Les Courtes (3852m)

    △ Massif du Mont-Blanc, Hte-Savoie - France)

- Voie Sud-Ouest, normale -

Lundi 15 et mardi 16 juillet 2013

Un petit tour des lieux.... avant de partir en course.

 

 

     Les Courtes sont situées dans le massif du Mont-Blanc sur un chaînon qui, de l'aiguille de Triolet à l'aiguille Verte, sépare le glacier de Talèfre au sud et le glacier d'Argentière au nord. Entre les Droites et les aiguilles Ravanel et Mummery, elles se présentent comme une longue arête avec plusieurs sommets, du col des Droites (3 733 m) au nord-ouest au col des Cristaux (3 601 m) au sud-est. Il s'agit d'une course qui n'est pas hyper fréquentée. Elle est réalisable seulement en début de saison et tôt le matin du fait de son exposition, rendant la neige très changeante.

Carnet de course : "Ouvrir le couvercle de sa boite pour découvrir les Courtes ! "

     En ce début juillet, nous effectuons avec le CAF de Bourges un camp d'été à Servoz et pour les deux jours à venir, le temps est annoncé au grand beau. Nous décidons donc de réaliser une jolie course. Notre dévolu se porte vers les Courtes (3852m).

 

     Nous partons donc de Servoz pour attraper le premier train du Montenvers. Notre groupe réalisera la première journée dans sa totalité, puis une partie retournera au camping afin de ne pas accumuler des dénivelés trop importants.

 

     La traversée de la Mer de Glace se fait sans encombre dans une très bonne ambiance. Nous passons notamment à côté d’une zone d’effondrement de la calotte glaciaire relativement récente de grande envergure. A la place se trouve désormais plusieurs petits lacs glaciaires d’un bleu azur resplendissant. Gare à celui qui souhaiterait y prendre un bain revigorant !

Sur leurs bords, nous retrouvons un détachement de chasseurs alpins en plein exercice.

 

     Quelques temps après avoir atteint la moraine du glacier de Talèfre, nous cassons la croute puis reprenons notre chemin jusqu’aux échelles menant au refuge du Couvercle. Nous laissons alors Martine, Cyril et Hervé qui redescendent en direction de la vallée. Le reste de la fine équipe s’élève alors progressivement en empruntant une alternance d’échelles plus ou moins verticales, d’échelons en métal et de mains courantes jusqu’à prendre pied sur un plateau herbeux permettant de rejoindre un vallon, puis un pierrier menant au refuge. Ce parcours permettant de franchir le verrou des Egnalets est particulièrement impressionnant et ne tolère aucune erreur ! En nous élevant de plus en plus, le paysage s’ouvre et devient à chaque mètre toujours plus grandiose. C’est d’abord le tour des Petites Jorasses, puis des Grandes, de la Dent du Géant, puis de la totalité du cirque du glacier de Talèfre entouré de ses grandes aiguilles : Aiguille Verte, les Droites, les Courtes, aiguilles du Triolet et de Talèfre... Nous profitons alors de la fin d’après-midi à nous délecter de ce panorama somptueux... On ne s’en lasse pas et puis, dormir en voyant par sa fenêtre la face nord des Grandes Jorasses, ce n’est pas donné à tout le monde alors nous savourons pleinement ce privilège !

 

 

     3h... le chant du coq ! Il y a des jours comme cela où même s’il est très tôt, il n’est pas difficile de s’extirper du lit. Ah... la montagne, cela ne demande pas les mêmes sacrifices que d’aller au travail ! Par contre, nous comprenons pourquoi le sommet que nous ambitionnons se nomme les Courtes ! Ce sont les nuits précédents son ascension qui sont réduites !

 

Après un solide petit déjeuner avalé, nous redescendons la petite arête du vallon toutes frontales dehors jusqu’à rencontrer un gros rocher où se trouve des balises jaunes indiquant le cheminement pour rejoindre le glacier de Talèfre dans ce dédale rocheux. Malheureusement... entre la théorie et la pratique, il y a souvent un monde et nous tâtonnons 35-40 minutes afin de retrouver ces piquets jaunes dont nous a parlé gentiment l’une des gardiennes. Nous prenons déjà à peine commencé, du retard sur l’horaire que nous devons absolument respecter. En effet, la gardienne nous a bien précisé que l’exposition de la face sud-ouest il est impératif que nous débutions la descente à 8h sous peine de nous mettre en danger dans une neige transformée rapidement par les fortes chaleurs de ce début juillet.

 

     Nous passons au sud du Jardin de Talèfre et peu de temps après débutons la montée (vers 2850m) en direction du col des Courtes, laissant alors la voie menant à la Pointe Isabelle (3761m). Lors de notre traversée du glacier nous apercevons une petite lumière dans la face nord des Jorasses et nous pensons avec admiration à cette magnifique cordée qui a entrepris depuis au moins 2 jours cette magnifique entreprise. De notre côté, nous obliquons plein nord pour remonter les pentes issues du col des Droites. La pente se fait alors de plus en plus soutenue et le souffle plus court. Mais nous n’avançons pas suffisamment vite... la condition physique est bonne mais insuffisante dans des pentes de 35-40-45° pour progresser suffisamment rapidement... Nous savons qu’il nous sera difficile d’atteindre le sommet. Malgré tout, nous profitons pleinement du lever de soleil sur les Grandes Jorasses et le Mont-Blanc... quelle magie...

Il nous faut au milieu de la face, contourner une barre rocheuses par la gauche.Puis vers 3350m, nous entreprenons une traversée ascendante à droite des couloirs et cônes de neige pour remonter le couloir afin de rejoindre le col de la Tour des Courtes. Malheureusement à 7h30 nous n’avons pas encore atteint le col. Nous avons encore certainement 200m à parcourir et la neige devient moins dure sous les crampons... La mort dans l’âme nous décidons après concertation de rebrousser chemin sachant d’autant plus que la descente sera longue et que tous les membres du groupe n’ont pas le même niveau question cramponnage. Heureusement lors de notre descente la visite d’un chamois nous donne du baume au coeur. Nous prenons également conscience qu'avec sa vélocité nous aurions atteint en deux temps, trois mouvements le sommet des Courtes !

Débute alors cet interminable cheminement jusqu’au train du Montenvers... C’est long, très long, interminable même surtout lorsqu’il nous faut déambuler longuement dans la moraine au pied du glacier de Talèfre afin de rejoindre la Mer de Glace. C’est le coeur cependant comblé d’une très belle journée en montagne que nous atteignons la gare après 11 heures d’alpinisme.

Après nous êtres équipés à la gare face aux Drus et à la Mer de Glace, avoir sacrifiés à la traditionnelle photo de groupe nous partons de bon entrain afin de rejoindre le glacier en empruntant le réseau d’échelles qui est de plus en plus long d’année en année. Une nouvelle échelle a d’ailleurs été ajoutée pour cette nouvelle saison estivale.

Cette première étape impressionne par ailleurs, certains de nos Cafistes essentiellement randonneurs. Malgré tout, nous arrivons sans encombre sur le plus grand glacier de France qui est de plus en plus une mer de rocher. En effet, il se recouvre toujours plus de débris rocheux et de gros blocs hératiques.

Nous formons trois cordées : François, sa fille Juline et Martine, le président du club Hervé et Cyril et enfin moi et Sylvain un de nos initiateurs escalade mais novice en terme d’alpinisme. Les crampons et l’encordement se révèlent assez superflus au vue des conditions du glacier (glace vive recouverte et pas de crevasses), malgré tout la sécurité prime !

La face sud-ouest des Courtes

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