Signalkuppe / Punta Gnifetti (4554 m)

    △ Mont Rose, Val d'Aoste/VALAIS - Italie/SUISSE
                                                                                                                         

Vendredi 14 et samedi 15 juillet 2017



Un petit tour des lieux.... avant de partir en course.



     Contrairement à ce que l’on imagine souvent le mont Rose n’est pas un sommet mais un massif. Il s’agit même du deuxième en terme d’altitude dans les Alpes. Ici plus qu’ailleurs, le chiffre « 4000 » est un leitmotiv. En effet, dans aucune autre partie des Alpes, on compte une telle concentration de sommets de plus de 4000 mètres. Neuf cimes s’alignent ainsi à la frontière entre le Valais suisse et les vallées italiennes du Piémont et du Val d’Aoste.

Le terme de mont Rose ne désigne pas la couleur des cimes mais signifie « glacier » (rouésa) en patois valdôtain.

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Carnet de course.



     Longtemps, cela fait trop longtemps que nous avons laissé de côté ce joli défi de réaliser le plus possibles  de 4000 dans les Alpes. Nous avons décidé en ce 14 juillet de partir découvrir un massif que nous avons déjà entre aperçu lors de nos vacances à Cervinia au pied du Cervin il y a quelques étés : le mont Rose.

Profitant de ce week-end rallongé, nous partons avec nos compagnons de route, pour ne pas dire de cordées, habituels, Sophie, Vincent et Pierre-Antoine pour la vallée italienne du Lys.

Notre objectif est de réaliser un ou deux sommets en fonction du temps qui s’offre à nous.

Après quatre heures de route depuis Chambéry, nous arrivons à Staffal, tout au bout de la vallée. La masse imposante du Lyskamm nous écrase déjà. Sa cime massive ferme avec autorité le val.

Une fois nos déjeuners avalés, nous prenons la première des trois remontées mécaniques qui doit nous mener à la pointe Indren (3280 m), chemin d’accès rapide vers l’altitude et le refuge Gnifetti.

Une fois que le téléphérique terminal a déversé son flot d’alpinistes plus ou moins chevronnés, nous nous équipons de nos baudriers pour palier à toute éventualité. Le glacier d’Indren bien que paraissant débonnaire et sans grand danger, doit cependant ne pas être pris à la légère. La vigilance doit rester de mise.

Finalement, nous pourrons le traverser sans crampons. En effet, avec le réchauffement climatique, il ressemble davantage à un névé en fin de vie, qu’à un glacier en pleine santé... triste spectacle qui s’offre à nous.

La suite de la courte montée jusqu’au refuge se fait en alternant des passages équipés d’échelons métalliques, de cordes en chanvre et autres pieux en bois qu’il faut escalader. On débouche ensuite sur un petit plateau où est posé le refuge Città di Mantova (3498 m). Notre refuge, aux faux airs de lodge népalais, est situé sur un éperon rocheux dominant le glacier du Garstelet, 200 m plus haut. Il nous faut une trentaine de minutes pour le rejoindre.

La cabane Giovanni Gnifetti, du nom du curé de la vallée voisine d'Alagna, vainqueur de la pointe du même nom en 1842, est un vaste refuge de 176 places. Bien qu’au confort rustique, il bénéficie d’une vue somptueuse sur une bonne partie des Alpes (nous verrons jusqu’au Viso le soir) depuis la grande salle et sur le Lyskamm et l’immense glacier du Lys.

- Voie normale -
Vue sur le Lyskamm et le glacier du Lys depuis le refuge.
Le glacier du Lys et le Lyskamm
Lyskamm et glacier du Lys

    Réveil à 4 h, mais départ seulement à 5h45 car le petit déjeuner est lent à servir.

Nous devons dans un premier temps, passer à proximité de la chapelle du Gastelet dédié à la Madone des Glaciers. Il s’agit de la plus haute d’Europe. Puis, nous descendons de quelques 

mètres par des barreaux en fer, pour prendre pied sur le glacier.

Il nous faut alors nous frayer un chemin au travers un dédale de crevasses. Tout au long de notre montée en direction du colle Vincent (4088 m), nous sommes sous la menace de puissants séracs qui risquent en cas de chute brutale de nous propulser dans des abimes béantes qu’il nous faut contourner parfois sur de fins ponts de neige.

Nous sommes partis dans les derniers du refuge mais nous ne tardons pas à reprendre bon nombre de cordées. Malheureusement, à proximité du col Vincent, nous devons réaliser une longue pause afin d’attendre notre seconde cordée composée de Sophie et son mari. Trente longues minutes passent et nous nous refroidissons, à ne plus sentir nos extrémités. Sophie nous indique alors qu’elle a la nausée. Nous décidons donc de nous séparer afin de tenter la Punta Gnifetti. De leur côté, ils monteront au Balmenhorn (4167 m) voir le Christ des sommets, situé à proximité.

     Démarre alors la deuxième partie de notre course du jour. Il faut d’abord parvenir à se réchauffer. Nous consommons au passage une grande énergie pour cela. C’est seulement en arrivant au col du Lys (4255 m), marquant la frontière avec la Suisse, que nous parvenons à retrouver des sensations aux bouts des doigts. S’offre à nous alors une vue incomparable sur les sommets du mont Rose : pointe Dufour, Zumsteinspitze, Signalkuppe, Parrotspitze, Ludwigshöhe, mais aussi sur l’arête de près de trois kilomètres du Lyskamm, le Cervin, les dents d’Hérens et Blanche. Une véritable symphonie des cimes ! Nous savourons le moment devant tant de pureté.

L’itinéraire jusqu’au sommet est alors totalement visible. Il faut contourner la pointe Parrot en descendant sous des corniches de neige en équilibre on espère pas trop précaire !

Puis en effectuant un mouvement en forme de faucille, nous remontons jusqu’au col Gnifetti (4454 m) séparant le Signalkuppe de la Zumstein. Il reste alors à donner un dernier coup de rein à 35/40° pour atteindre la cabane Margherita. En prenant pied sur l’arête, une violente rafale nous couche tous les trois. Nous partons nous réfugier de la furie d'Eole  et du froid dans le sas du refuge pendant une vingtaine de minutes avant de reprendre le chemin du retour en passant par le refuge Città di Mantova.

Le temps défilant trop vite à notre goût, nous n’avons pu réaliser qu’un seul 4000 afin d’attraper une benne pour retrouver à Gressoney-la-Trinité nos compagnons de cordée. Il s’agira de la seule frustration du jour... nous reviendrons assurément !

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