signal de la grave (2446 m)

    △ grandes rousses, hautes-alpes - france

- Depuis les Terrasses en passant par les Clots -

Samedi 14 septembre 2019

Fiche technique

Signal de la Grave.jpg

     Il y a des montagnes qui font grandir. La Meije en est une assurément. Pour l’alpiniste qui s’accomplit et pour notre fils de neuf mois qui s'extasie en découvrant la joie des cimes. On ne revient pas indemne de ces montagnes à l’ampleur inouïe, aux paysages en technicolor, à la puissance omniprésente, quasi mystique.

Massif des Grandes Rousses
Pics Bayle et de l'Etendard
Signal de la Meije et aiguille du Goléon

L'aiguille du Goléon, majestueuse devant le signal de la Grave

En une petite heure de route, c’est la bascule des mondes. Il y a peu, nous traversions dans une chaleur étouffante de fin d’été le tourbillon de pollution et de décibels de la vibrionnante agglomération grenobloise et quelques dizaines de kilomètres plus loin nous voilà aux confins de l’Oisans posés sur les Terrasses dominant la Grave à contempler un coucher de soleil majuscule face à la reine Meije prémisse remarquable d’un week-end avec entre amis.

Quoi de plus ressourçant que le silence enveloppant d'une nuit profonde, d'un noir d'encre où les étoiles ne sont pas concurrencées par une pollution lumineuse assourdissante.

Au petit matin, le ciel est limpide, d'azur. Une belle et chaude journée s'offre à nous. Victor notre fils s'amuse à secouer son doudou  Ketu (renard en finnois, souvenir de son premier grand voyage en Laponie finlandaise en avril dernier) accroché par un mousqueton à son porte-bébé, alors que nous achevons nos préparatifs.

Le sac bouclé, nous quittons notre meublé à pied pour rejoindre le sommet du Signal de la Grave. Quel luxe de pouvoir partir randonner directement depuis son camp de base !

Une lumière d'opale irradie la face Nord de la Meije. Elle sera notre gardienne tout au long de notre ascension. Pour certains, sa proximité manifeste, sa présence en plein format, serait oppressante, pour nous c'est véritablement un enchantement. Elle est là à presque pouvoir être touchée. On pourrait quasiment sentir les effluves d'encens de ce temple alpin.

La Meije, ce temple alpin !

Nous rejoignons le petit oratoire Sainte-Anne situé en direction du hameau du Chazelet et empruntons une piste parcourue par les compétiteurs de l'Ultra Raid de la Meije avant de bifurquer en direction des Clots. Après un petit passage schisteux nécessitant la plus grande vigilance avec un porte-bébé sur le dos histoire de "ne pas zipper des galoches" nous arrivons à ce charmant petit bourg atteignable seulement à pied.

 

Nous remontons alors en direction de la base de la crête de Côte Rouge où se situe l’arrivée du téléski des Plagnes. Nous y croisons une jeune bergère et ses 250 moutons. Nous sommes bien dans les Alpes du Sud, le pays de la transhumance.

Nous remontons tranquillement ce dos de baleine géant, puis perdons 20 petits mètres avant d’entamer une montée un peu raide parsemée de schistes pour rejoindre le gros cairn sommital.

Quel enchantement ! Un panorama majuscule s’offre à nous : les Agneaux, le Pic des Trois Évêchés, l’aiguille du Goléon, les pics Bayle et de l’Etendard, le plateau d’Emparis, le dôme de la Lauze, le Râteau et enfin l’inégalable, la majestueuse reine Meije !

Ici, on prend le temps, de voir, de ressentir, les cinq sens en éveil. Il y a peu de lieu aussi fort où l’on ressent la puissance brute, minérale, immersive de la montagne. On s’imprègne de l’esprit des lieux, de l’odeur de l’Histoire, de l’esprit alpin. 

Victor, notre petit bonhomme est tout joyeux dans son porte bébé. Nous l’asseyons dans l’herbe afin qu’il profite lui aussi de notre arrivée au sommet. Il pose alors fièrement assis sur sa couche, lui qui a appris quelques jours plus tôt à adopter tout seul la position assise. Il nous montre toute l’étendue de ses progrès ! Nous en profitons donc pour faire crépiter l’objectif dans ce décor de cinéma, histoire de marquer l’instant.

Après ce choc esthétique, tel des fourmis au milieu de cet océan de cimes et de pics, nous reprenons le chemin de la terre des hommes sur l’échine des géants.

Quelques photos de notre ballade du lendemain au col d'Arsine (2340 m)

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