Pic de l'étang Fourcat (2859 m)

 △ Massif du Montcalm (Pyrénées),

Ariège - France

Dimanche 30 et lundi 31 octobre 2016

     L'automne dans les Pyrénées est particulièrement remarquable. Depuis quelques années, nous avons l'habitude d'y effectuer des virées montagnardes pour réaliser quelques belles ascensions afin de profiter de l'été indien qui s'éternise dans les massifs sudistes alors que chez nous dans les Alpes du Nord, l'hiver a déjà pointé le bout de son nez.

 

      Profitant des congés de Toussaint dans de la famille à Narbonne, nous effectuons une escapade de deux jours dans l'Ariège. C'est un secteur que Benoît ne connaît pas du tout. En effet, il n'a que très peu été randonner dans les Pyrénées et encore jamais en Ariège.

Notre dévolu se porte sur un secteur peu fréquenté de la vallée de Vicdessos : le vallon des étangs Fourcat. Nous avons décidé d'aller dormir au refuge d'hiver. C'est une première également pour nous car nous n'avons encore jamais utilisé les commodités d'un refuge non gardé !

 

     Après 2,5 h de route depuis la côte languedocienne, nous partons depuis l'usine électrique des Pradières en direction de l'étang d’Izourt. Le chemin serpente alors au milieu de la forêt. Nous rencontrons quelques familles mais nous sommes loin de la foule des grands jours de la semaine précédente à la Tournette !

Après 1h15 de montée, la gare amont du téléphérique EDF est en vue et l'étang apparaît également. Cette retenue d'eau est tristement célèbre. En effet, en 1941, une dramatique catastrophe s'y est déroulée. 31 personnes travaillant à la construction du barrage, ont perdu la vie à la suite de l'effondrement de leur baraquement sous les assauts d'une tempête de neige. 29 italiens et deux français. Les traces des bâtiments réalisés pour les travaux sont encore bien visibles afin de garder le souvenir de ces malheureux.

Le lac de retenue est l'une des nombreuses réalisations hydrauliques dont les montagnes de l'Ariège ont fait l'objet dans la deuxième partie du XXe s. Les ingénieurs ont simplement rehaussés le niveau d'eau d'un étang s'étant formé derrière un verrou rocheux hérité de la dernière périodes glaciaire il y a 10 000 ans.

Notre itinéraire se poursuit ensuite le long du lac dans d'incessantes montagnes russes jusqu'au débouché d'un torrent avec les eaux de l'étang. La pente se fait alors très forte puisqu'il faut surmonter un second verrou glaciaire afin d'accéder au vallon suspendu de Fourcat.

Le sentier se hisse avec force lacets. Mon altimètre s'affole égrenant rapidement le dénivelé que nous avalons.

L'étang d'Izourt

Un replat tourbeux où divague une multitude de ruisseaux nous permet de reprendre notre souffle. Nous pouvons également y observer des orris, abris utilisés par les bergers jusqu'au milieu du XXe s. Il s'agit de petites cabanes de pierres empilées, au toit de mousse. On peut encore en voir un grand nombre, en plus ou moins bon état, dans la vallée.

Après avoir refait le plein d'eau, nous reprenons notre chemin pleine pente. Après encore une heure de marche, nous atteignons enfin le vallon des étangs Fourcat baigné de soleil. Le refuge trône sur son promontoire entre les deux plans d'eau. Le cadre est véritablement somptueux. Les eaux virent du bleu turquoise à un vert plus ou moins foncé, puis à un jaune d'or avant que l'ombre des pentes environnantes ne les nimbe d'un noir profond.

Les "3000" Ariégeois

En deux sauts de puce, nous atteignons le refuge qui a été préparé pour l’hiver par son gardien.

Il s’agit d’un refuge typiquement pyrénéen pour sa partie ancienne, tout en pierre et le toit arrondi. Une extension moderne, qui ressemble au refuge des Conscrits, lui a été adjointe. Nos paillasses pour la nuit se situent dans la partie la plus ancienne. L’ensemble est rudimentaire, pas d’eau, pas de poêle mais cela nous importe peu car nous avons apporté tout le nécessaire pour dormir et se faire à manger.

     La soirée se passe tranquillement et rapidement (eh oui, il fait nuit très tôt à cette saison, encore plus avec le changement d’heure qui vient d’avoir lieu la nuit précédente !).

 

     6h… le réveil sonne. Un oeil en dehors du refuge et nous retournons nous coucher. Il fait encore nuit noire et nous préférons attendre une heure de plus avant de nous élancer.

Après un solide petit déjeuner nous quittons notre cocon en direction de l’étang Fourcat. A peine sortie, nous voyons furtivement un isard. Benoît n’a même pas le temps de sortir l’appareil photo qu’il a déjà filé. Décidément, il n’y a vraiment personne dans ce vallon.

Le terrain comme la veille est vallonné et joue aux montagnes russes jonchées de pierrailles.

     Nous longeons le lac de la Oussade puis nous bifurquons dans un pierrier en direction d’un col bien visible à proximité de l’arête menant au pic de l’étang Fourcat.

Le « chemin » est vraiment accidenté et il faut être très vigilant pour suivre le marquage rouge sur les blocs de pierre. La montée est rude.

On nous avait prévenu que cette vallée présente des versants très abruptes…

eh bien, on ne nous a pas menti ! Après une heure d’effort, nous parvenons au col permettant de basculer vers l’Andorre. Tout comme du côté français, le fond de la vallée est moucheté de lacs (Tristaina, del Mig, Creussarts…). Nous pouvons également distinguer très clairement les pistes de la station d’Arcalis qui serpentent au milieu des conifères.

Un dernier petit effort en remontant la crête jusqu’au cairn sommital et nous profitons de la vue à 360°. Seul les « 3000 » Ariégeois, que sont la Pique d’Estats (3143 m), le Pic Verdaguer (3131 m), le Pic Gabarro (3113 m) et le Montcalm (3077 m) sont saupoudrés de neige. 

C’est un retour en terres connues pour Lucile qui en a fait l’ascension il y a une quinzaine d’années. Nous nous sommes promis d’y retourner prochainement. Ces sommets ont un magnétisme certain.

 

     Débute ensuite notre longue et lente procession vers les Pradières. Il faut dans un premier temps être très vigilants pour redescendre dans une pente à plus de 30° jonchée de roches délitées.

Après avoir récupéré nos affaires au refuge et refait le plein d’eau au déversoir situé non loin de là, nous reprenons le chemin de l’étang d’Izourt en passant par l’orri de la Caudière.

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