Wildspitze (3774m), Ötztaler Alpen (Tyrol, Autriche). 

Brochkogeljoch
Lundi 13 et mardi 14 août 2012.

                    Un petit tour des lieux.... avant de partir en course.



     La Wildspitze constitue le plus haut sommet du massif de l'Ötztal mais également du Tyrol. Il s'agit du second sommet d'Autriche après le Grossglockner.

La première ascension a été réalisée en 1848 par Leander Klotz et un fermier de la région lui servant de guide, dont le nom nous est inconnu pour le sommet sud et par le même L. Klotz pour le sommet nord.

      La voie normale (PD) emprunte depuis le hameau de Vent (commune de Sölden) l'itinéraire menant au Breslauer-Hütte puis au Mitterkajoch (3468m) que l'on traverse par un bref passage d'escalade (un aménagement fixe a été réalisé pour faciliter la progression) avant de rejoindre le glacier Taschachferner. Il faut alors remonter ce dernier en évitant les nombreuses crevasses pour atteindre un col au pied de la montée finale rocheuse.

Deux autres itinéraires classiques sont également recensés : celui du Brochkogeljoch (PD) que nous avons emprunté et celui provenant de la vallée du Pitztal et qui ne présente aucune difficulté. Il s'agit pour les trois itinéraires de courses en mixte.







 

                     Carnet de course   

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                Lundi 13, Rofen (2014m)/Vernagt-Hütte (2755m)

     Pour Lucile, c'est un grand jour. Elle va réaliser sa première course. Nous avons fait le choix de réaliser l'ascension de la Wildspitze, le plus haut sommet du Tyrol, et le deuxième d'Autriche après le Grossglockner.
Nous avons pris contact avec une compagnie de Vent (Sölden) qui nous a conseillé de passer par Vernagt-Hütte, Lucile n'étant pas très à l'aide dans les passages d'escalade.

     Après avoir payé la Bergführerstelle de Vent, nous rejoignons le parking de départ à quelques encablures du hameau. Il se situe à proximité de l'auberge de Rofen (2014m). Nous passons un pont himalayen pour déjeuner au milieu des moutons, et partons sur le coup de une heure.
Le sentier s'élève au milieu des alpages en train d'être fauchés, puis petit à petit les chaumes laissent leur place aux rochers et à une végétation d'altitude plus rase. Dans notre champ de vision, les Alpes de l'Ötztal, les cimes du Schnalskamm qui marquent la frontière avec l'Italie. On aperçoit sur la crête un refuge avec à ses pieds des grandes bâches protectrices du glacier. Il s'agit de Similaun-Hütte. Nous avons alors avalé 500m de dénivelé. Le sentier part alors à angle droit pour suivre en balcon, le cours du Vernagtbach jusqu'à un petit pont en bois, situé sous la moraine délaissée, cachant le refuge de Vernagt.

On vient alors de rejoindre le sentier provenant de Breslauer-Hütte.

Le Vernagt-Hütte est tenu par la section berlinoise du DAV. Il s'agit d'une grande bâtisse en pierre de 172 places, extrêmement confortable et où les gardiens sont véritablement adorables et efficaces.

Nous rencontrons alors Hugo notre guide avec qui nous planifions le parcours du lendemain. Nous découvrons avec plaisir, que nous réaliserons une boucle en revenant par le Breslauer.

La soirée se passe calmement, notamment en dégustant un délicieux Apfelstrudel.

Into the Wild... Spitze, la vidéo de l'ascension !!!

 

                 Mardi 14, Vernagt-Hütte (2755m)/Wildspitze (3774m)/Breslauer-Hütte (2844m)/Rofen

     Lever à 4h45 et après un solide petit déjeuner, nous attaquons l'ascension vers 5h40.

Du refuge, nous remontons en direction du Hochvernagt-Spitze, puis progressivement, il faut quitter le sentier pour descendre sur la moraine afin de franchir les petits torrents provenant du Grosserferner.

Après une heure de marche, nous prenons pied sur le glacier, d'abord sans crampons et encordement mais face à une glace de plus en plus vive et à de la boue visqueuse et glissante, nous chaussons les crampons.

La pente du Kleiner Vernagtferner, menant à la base du Brochkogeljoch est relativement soutenue. La montée jusqu'au col est à réaliser avec beaucoup d'attention. En effet, le parcours se réalise sur un mélange de boue et de roches délitées extrêmement instables dans une pente soutenue (10m) à 30-35°.

     Au Brochkogeljoch (3424m), on retrouve le soleil et un paysage remarquable sur les Alpes du Pitztal. On peut notamment voir le Hinterer Brunnenkogel (3635m) où se situe l'arrivée du plus haut téléphérique d'Autriche. Par ailleurs la société d'exploitation réaménage la gare d'arrivée de cette remontée mécanique.

Nous avons également une pensée pour Régine Cavagnoud qui a été victime sur ce même glacier d'un dramatique accident avec un entraîneur allemand, en 2001 lors d'un entraînement...

     Après une courte pause, il faut poursuivre en passant sous les pentes du Brochkogel (3635m) et, au bout de dix minutes, nous découvrons pour la première fois le sommet de la Wildspitze.

Nous progressons alors sur le Taschachferner jusqu'à tend de rejoindre la voie classique provenant du Mitterkarjoch (3470m).

Par ailleurs, nous avons bien fait de ne pas vouloir passer par ce col car Hugo nous indique que depuis le jeudi précédent, il n'est pas très sûr du fait de nombreuses chutes de pierre qui s'y produisent et qu'il ne souhaite pas trop y passer.

Le parcours emprunte alors une forte pente, parcourue de nombreuses crevasses qu'il nous faut éviter, pour prendre pied sur un petit plateau menant à un petit col de l'arête finale sud-ouest. Il nous reste alors environ vingt minutes avant d'atteindre la croix sommitale.

Le temps n'est cependant pas de la partie. Au cours de notre ascension, le sommet s'est encapuchonné. Les roches encore dans leur gange de givre donnent cependant aux lieux, un aspect fantasmagorique.

La trace sillonne dans la pierraille où l'on rencontre quelques passages d'escalade facile.

Lucile, malgré le froid, découvre alors cette sensation de liberté, de plénitude que l'on éprouve au sommet après une belle course.

Nous retrouvons au sommet Kilian, le guide-chef de la compagnie de Vent, qui est monté avec deux clients par le Mitterkarjoch. Il nous offre alors un petit verre d'eau de vie.

 

     La descente débute par une crête neigeuse aérienne menant à un sommet secondaire au nord. Puis, il faut progresser dans une forte pente (40-45°) en suivant l'arête avant de bifurquer à droite "dré dans l'pentu", en direction du Mitterbergferner. On longe ensuite le versant relativement rapidement, puisque l'on se situe dans une zone soumise aux coulées de neige, puis exposée aux chutes de séracs.

     Nous remontons vers le Taufkarjoch (3210m), où l'on retrouve à nouveau un mélange de boue et de roches délitées pendant quelques instants, afin de descendre par un sentier en lacets une petite arête rocheuse menant au Taufkarferner. Nous le descendons alors jusqu'à un petit lac champêtre.
Auparavant, il nous a fallu passer tant bien que mal au milieu d'une vaste zone fortement crevasée. Hugo eu même recours à une broche à glace pour assurer notre passage au dessus d'une crevasse très ouverte (Lucile faillie bien m'entrainer dedans lors de son saut un peu trop attif et violent !).

    Nous rejoignons alors vers 13h, Breslauer-Hütte (2844m) sans être véritablement fatigué.
Après un repas de Käsespetzle revigorant, nous entreprenons, après avoir pris congé d'Hugo, les 1h20 de descente jusqu'à Rofen par le sentier 919.